Histoire de Pomay

« …Nous avons couché chez Madame Fouquet. Ces pauvres sont à Pomé, une petite maison qu’elles ont achetée…Toute la sainteté du monde est ici. La maison est agréable. La chapelle est ornée… » Madame de Sévigné, 1676 La célèbre Marquise visite en 1676 et 1677 Marie-Madeleine de Castille, seconde épouse de Nicolas Fouquet réfugiée en exil de 1671 à 1703 à Pomé avec sa belle-mère et ses enfants. Sa fille se marie le 21 juillet 1683 avec le chevalier de Crussol d’Uzès dans la chapelle du château de Pomay. Le portail d’entrée de celle-ci est en bois ciselé, orné des armes Fouquet et Castille.

Portrait anonyme de Madame de Sévigné vers 1670, copie d'une œuvre de Louis le Vieux

Blason de la Famille Durat

Blason de la Famille Noblet  d'Anglure

Vue arrière, avant les travaux de 1913 avec anciennes fenêtres,
anciennes lucarnes et ancienne terrasse, sans les douves sèches

Vue arrière, après les travaux de 1913, premières plantations de
rhododendrons, absence des ifs actuels

Vue avant, après les travaux de 1913 – finition des deux cours
avant (tas de petits galets à étaler, jeunes plantations d’ifs)

Pomay, aujourd'hui

Vue sur deux des lanternons et la grille modifiés au XVIIIème siècle

 

 

Le château est construit de 1637 à 1645 sur commande de François de La Croix.

Ici aucune forteresse ni place forte n’a marqué le site d’une histoire guerrière. Il s’agit d’une des premières maisons d’agrément. Toutefois de nombreux éléments défensifs rappellent par leur symbole guerrier la puissance des bâtisseurs : les herses, les douves, les tours, les meurtrières, les armes.

Seules quelques familles y ont vécu durablement : les Noblet, les Castille et les La Croix respectivement pendant 107, 48 et 26 ans, et les Durat depuis 55 ans, bourbonnais depuis le XIIIème siècle.

Cette « petite maison » (voir encadré ci-après) confortable, lumineuse, chaude, aux couleurs chatoyantes, proche de Moulins change souvent de propriétaires, tantôt un intendant des finances affecté ici quelques cinq années tantôt un procureur du roi nommé là pour huit ans. A moins que ce ne fut un officier hussard, dragon ou chasseur, affecté au quartier Villars que sa monture avait vite fait d’emmener sur ses terres solognotes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pomay est typique du XVIIème par son agencement d’origine et résolument solognote avec ses petites tuiles et ses jolies briques polychromes qui habillent gracieusement la demeure. Elles proviennent de l’argile récoltée dans les argilières ou argilleries de notre petite Sologne dite bourbonnaise.

Plusieurs travaux d’embellissement ont été menés depuis lors :

  • au XVIIIème : la porte en pierre est remplacée par une grille ouvragée pour apporter de la transparence, et les trois lanternons des tours sud-est, sud-ouest et nord-ouest.

  • Début du XXème (fin en 1913) par la famille Noblet, conduits par le célèbre architecte d’intérieur Janssen :

- A l’extérieur : le rehaussement des lucarnes, l’agrandissement des ouvertures du rez-de-chaussée et du premier étage, l’ajout du pavillon latéral au sud-est légèrement grisé pour ne pas rompre l’harmonie générale, les douves sèches de chaque côté de la cour d’honneur

- A l’intérieur : le réaménagement du rez-de-chaussée et du premier étage du corps de logis principal et du pavillon nord-ouest, l’aménagement de cuisines en rez-de-jardin au pied de la tour sud-est.

 

 

En 2011, la couverture de la tour sud-est a été refaite en coordination avec les Bâtiments de France selon les méthodes traditionnelles (prix Emile Mâle 2012).

 

L’ensemble du site est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1947.

Vues dans les années 1950, 1960 et 1980 (respectivement de gauche à droite et de bas en haut)

Nicolas Fouquet (1615 - 1680)

Armoirie Fouquet

Blason Fouquet : Quo non ascendet (Jusqu’où ne montera-t-il pas ?)